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L'Appel des animaux aux enfants du monde


Aujourd’hui plus que jamais, nous souhaitons donner la parole aux enfants.

Vous allez découvrir ici des récits d'enfants, l'appel des animaux pour vos enfants & des témoignages d'amoureux de la nature.

Et si nous redonnions à la vie sauvage la place qu'elle mérite ?


Récit de partage entre Cindy une femelle babouin & Tippi : 

 

1994, j'avais 4 ans...

"Cindy, ma vieille amie d’enfance, est une femelle babouin trouvée en brousse et sauvée, lorsqu'elle avait 2 ans, par mes amis en Namibie. à l'époque et nous échangions nos biberons, ou elle me volait le mien !

C'est la deuxième fois que nous nous retrouvons après toutes ces années.

25 ans c’est vieux pour un babouin. Ils ne survivent pas aussi longtemps dans la nature. Elle apprécie toujours autant se faire faire un toilettage (grooming) mais elle ne le pratique plus sur les autres. J’ai été très touchée car elle a fait une exception pour moi, avec minutie et application, comme pour quelqu’un qui compte. Elle a été une grand mère pour les deux garçons de mon amie Barista Lambrechts, depuis leur plus jeune âge.

J'aime son énergie, Cindy me calme instantanément, elle m’apaise. J’aime prendre soin d’elle comme si j’étais un moi même un babouin de son clan, tout comme elle prend soin de moi, avec amour et dévotion. J’aime lorsqu’elle me dit bonjour avec sa bouche de loin, dès qu’elle m’aperçoit, j’aime caresser ses mains, ses pattes, et elle montre qu’elle apprécie. Je l’aime."


Récit de retrouvailles entre un Lézard & Léa Collober : 

 

2006 j'avais 11 ans...

"J'ai grandit à la campagne et quand j'étais petite j'aimais aller à la barrière du champs d'a côté pour caresser des vaches. Je faisais claquer la barrière sur le poteau de bois et elles répliquaient aussitôt.

Un jour j'ai remarqué un lézard des murailles sur une souche à coté de la barrière il me regardait et n'avait pas l'air effrayé.

J'ai attrapé un criquet que j'ai tué, je lui ai posé sur la souche et il l'a mangé. J'ai fait cela un certain temps, en me rapprochant de lui de jour en jour et dès que je faisais claquer la barrière il répliquait plus vite que les vaches pour que je lui donne à manger. Bientôt il me mangeait presque dans la main et je passais beaucoup de temps avec lui.

Mais après quelques mois il se trouva une copine, ils sont restés un peu tous les deux sur la souche, puis peu de temps après je fis claquer la barrière et personne ne vint.

J'ai compris que c'était fini et je décida de me re concentrer sur l'élevage de souris grises et de campagnols dans ma chambre"


Récit de confiance entre une femelle Varan & Sandra Bérénice Michel

 

1998, j'avais 5 ans...

"5 ans, quand un beau jour les villageois ont offert un cadeau pour mon papa : Un varan...

Elle était devenue ma copine, on se baladait souvent et elle était heureuse. Seulement, le jour arriva vite, où elle m'a fait comprendre qu'elle était triste...

Oui, forcément, elle n'était pas libre. Mais elle savait aussi que j'avais peur de la relâcher car les villageois auraient pu se fâcher contre mon papa s'il perdait ce cadeau.

De plus en plus triste, elle avait maintenant très peur, pas de moi, je le sais, mais très très peur. Je ne savais pas pourquoi, mais ça a été tellement fort... que je l'ai fait.

Un matin, en cachette, je l'ai amené au bord du fleuve, je l'ai détaché, elle m'a regardé, j'ai pleuré après un "merci", puis elle est partie, enfin libre, à la nage loin des villageois."

Quelques années plus tard, mon père m'a appris que les villageois attendaient qu'elle grandisse pour pouvoir la manger. Je lui avais donc sauvé la vie.


Récit d'amour pour une abeille par Evan Noël

 

2020, j'ai 8 ans...

"J'étais dans mon jardin et cette petite abeille s'est posée sur moi.

Je l'ai prise dans ma main, elle se réveillait..

J’étais impressionné qu'une aussi petite bête soit si utile à la nature.

Je l'ai trouvé magnifique et j'ai eu envie de la serrer dans mes bras.

Elle s'est nettoyée, puis s'est envolée et j'avais le cœur qui battait si fort !

Pour moi ce ne sont pas de toutes petites bêtes, mais des géants car ils font de grandes choses pour nous !"

Retrouvez le travail de sa maman, Adeline Noël qui immortalise ces moments de sensibilités.

 

Décidons-nous à offrir l’opportunité d’avoir de belles histoires à raconter pour nos enfants !


A vous de jouer, Partagez les dessins & Histoires des enfants avec le #tellanimalstory

Découvre le travail de Choup' , une Illustratrice engagée, en cliquant sur l'image.


 Quel animal votre enfant a-t-il eu la chance de rencontrer ?

Un animal lui a fait confiance ?

Les animaux attendent son récit.

 

Comment participer ?

 

1/ Évoquez une histoire d'enfant avec un animal (exemple ci-dessus), pour éveiller sa mémoire. 

2/ Lui proposer de vous raconter son histoire en dessin, à l'écrit, en vidéo ou même audio.

3/ Partagez nous son histoire et/ou son dessin sur n'importe quel réseau (facebook, instagram...) en insérant le htag #TELLANIMALSTORY 

 

(Toutes les histoires/dessins/vidéos sont les bienvenues, insectes, reptiles, mammifères...)




Hommage au monde sauvage par des photographes animaliers

La Minute Sauvage



"Ulfie, c’est le prénom que nous avons choisi pour notre fille il y a un peu plus de deux ans. En tant que photographe animalier, je ne pouvais pas rêver mieux puisqu’il signifie “le loup”, “la louve”. Depuis qu’elle est née, je m'attelle à lui faire découvrir la nature et lui transmettre mon amour pour l’observation animalière. Malgré son jeune âge, je l’emmène sur le terrain pour lui montrer les animaux qui nous entourent. A Bruxelles, nous avons la chance d’avoir différentes espèces animales qui cohabitent avec l’être humain. C’est le cas notamment du renard roux qui selon les dernières estimations, compterait pas moins de 3500 individus sur le territoire. Il est présent quasiment partout en pleine ville.  

Le fait de pouvoir l’observer avec ma fille est une chance et aussi une véritable opportunité de créer un lien particulier entre elle et le monde sauvage. Le hasard a fait que la crèche, dans laquelle je la dépose tous les matins, est entourée d’un petit espace boisé où se trouvent plusieurs terriers. Ce site est très intéressant parce que des générations de renards se suivent d’année en année et ce, depuis des décennies. Habitués à la présence de l’être humain. Il n’est pas rare qu’au printemps, l’un des deux adultes vienne se prélasser au soleil dans la pelouse qui jouxte le jardin de la crèche. Très vite, les puéricultrices ont compris qu’il n’y avait aucun risque pour les enfants et que le renard pouvait justement être très utile pour les sensibiliser à la nature. C’est pourquoi, à chaque fois que le renard vient faire sa sieste à côté de la crèche, les enfants l’observent tranquillement. 

 

Dans le cadre de mon travail, à la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux, j’anime des conférences sur le renard et sa présence en pleine ville. Il m’arrive de rencontrer des personnes qui estiment subir des nuisances liées à la cohabitation avec un animal sauvage comme le renard. Lors d’une de ces conférences, un père m’a expliqué qu’il avait dû interdire à ces deux enfants de sortir dans le jardin pendant les deux mois d’été après s’être rendu compte qu’un renard passait à proximité d’eux, tous les jours à la même heure. Pourtant, le risque d’attaque ou même d’accident est quasiment inexistant. C’est bien simple, aucun cas d’attaque du renard vers l’être humain n’est avéré ici en Belgique et à Bruxelles où la concentration de renards est très importante. Ce père ne s’est pas rendu compte qu’il avait tout simplement pris une décision qui n’avait eu pour effet que la transmission d’une peur irrationnelle à ses deux enfants, pour un animal sauvage et inoffensif

 

Du fait d’être en contact régulier avec des renards bruxellois, Ulfie a eu très rapidement la capacité de faire la différence entre un chien et un renard. Lorsqu’elle voit un chien elle fait semblant d’aboyer et lorsqu’elle est face à un renard, elle le pointe du doigt sans émettre le moindre son. Elle a vite compris qu’elle devait rester calme et silencieuse pour observer un animal sauvage même habitué à la présence humaine.  

Force est de constater que la méconnaissance d’une espèce sauvage et la désinformation notamment liée au monde de la chasse ont un impact néfaste sur les relations inter-espèces. Nous avons tout intérêt à créer un lien fort entre les générations futures et le monde animal pour qu’elles comprennent que nous en faisons partie intégrante et qu’il est dans notre intérêt de vivre en bonne intelligence avec l’ensemble des êtres vivants."

 

Générations Nature

Par Nicolas Trabichet



"Un matin d’hiver...

 

Il est 6h du matin, le soleil est encore cacher par les nuages ☁️ les oiseaux commencent à chanter et le jour commence à peine à se lever.🌤

 

Je m’habille, prend mon sac, lasse mes lacets et prend mon appareil photo pour partir à la recherche de mon ami... Maître Goupil ❤️

 

Après 30 minutes de marche sous la neige ❄️ j’arrive sur son territoire... cet endroit où je l’avais vu les jours précédents, vaquant à ses occupations de chasse🌲 

Mais, aujourd’hui rien... pas de traces...🐾 pas de bruits...pas un signe de présence... 🍁

 

Je décide quand même de continuer mon chemin en direction d’un pré qu’il fréquentait souvent, tout en espérant, rêvant, l’apercevoir au loin dans la neige. Rien...toujours rien..🐾🌲

 

Après deux heures de recherche non fructueuse je décide de rebrousser chemin avec le moral dans les chaussettes...🍃 🐾 quand, tout à coup, j’entends un glapissement venant du bois !

 

Je ne bougeais plus pendant plusieurs minutes, j’étais comme figé, avec un cœur qui battait la chamade et une respiration saccadée.

 

Le voilà ! Il fit sont apparition 🦊 à quelques mètres de moi en sortant du bois et me fixa longuement dans les yeux 👀 jusqu’au moment où, il comprit que je ne lui voulais aucuns mal. 🌲 Je n’avais pas l’air de le déranger, il tolérait ma présence avec lui et il me permit d’immortaliser ce moment intense de confiance entre le renard et l’homme 🥰🥰

 

Après deux heure en sa compagnie, je décide de le laisser tranquille et de rentrer chez moi, avec de merveilleuses images plein la tête 🤩 et en espérant qu’il ne croisera pas le chemin de personnes malhonnêtes ! Bonne chance à toi goupil 🦊❤️"

 

 

 

 

 

 

 



Amour vivant

Par Adrien Favre

 

"Tout a commencé il y a 3 ans. Je vivais encore à Paris et je pratiquais la photographie en amateur.

En weekend  en Loire atlantique, accompagné de mon frère, nous cherchions par tous les moyens à le rencontrer.

Notre première rencontre se dessinera sous les traits de la tristesse. Pendant nos repérages sur une route de campagne nous tomberons sur un renard mort écrasé par une voiture, rappelant au passage la difficulté de la cohabitation humains / animaux sauvages qui tue chaque année des millions d’animaux.

Ce triste événement fut le début d'une grande aventure, nous avions la confirmation, Maître Goupil ne vivait pas loin. Nous chercherons sa piste, les heures étaient longues et je me remémore encore la voix de mon petit frère qui me répétait souvent "j'aimerais tellement en voir" du début d'affût au "on n'en verra jamais c est pas possible !" Qui à chaque fois ponctuait nos 2-3 heures d'attente. Mais finalement c était autant d'heures qu'on partageait ensemble avec mon petit frère pour notre plus grand plaisir.  Au bout d'une bonne vingtaine de tentatives sans succès ,je devais me rendre à l'évidence que voir un renard n'était pas chose si aisée ou que nous n'étions vraiment pas doués .. Pourquoi tant de difficultés ? Comment photographier une espèce si on ne la connaît pas du bout des doigts ? 

Le renard est un animal persécuté depuis la nuit des temps, on lui impute beaucoup de torts et peu de qualités. Il transmettrait la rage (éradiquée en France) , il serait porteur de l'échynococcose (les chiens et les chats également), il serait invasif selon ses détracteurs …et s'attaquerait aux poules des poulaillers mal sécurisés.

Le renard a donc hérité du pire classement  pour un animal sauvage en France : "nuisible" Un mot lourd de sens et qui a lui seul montre tout le mépris que l'humain a pour la vie sauvageLe renard est donc une exception.. il est chassable toute l'année même hors période de chasse ... J'avais la réponse à ma question : voilà la cause de la difficulté de provoquer cette fameuse rencontre. Le renard a une peur bleue de l'homme et elle est justifiée… J'apprendrai avec effroi en me documentant qu’entre 600 000 et 1 million de renards seraient tués chaque année en France. Oui vous avez bien lu. 

J'ai commencé par lire le plus possible d'articles sur LE RENARD, ses heures de sorties, ses habitudes, et plus je me délectais de connaissance sur cette espèce plus je me régalais des photos de Goupil et à chaque fois cette petite voix dans ma tête : " Un jour je te verrai..." Nous sillonnerons la région , cherchant des prairies en bordure de forêt toutes plus rares les unes que les autres en Loire Atlantique .. pays de l'agriculture.

Un jour par hasard pendant une de nos virées nous nous arrêterons en lisière d'une petite forêt. Un petit sentier traversait des champs.

 

A cet instant je n’imaginais pas que j'allais emprunter ce chemin des dizaines de fois. Tout était propice à l’habitat d'un renard. Un matin de juin de très bonne heure je découvrirais une empreinte juste à côté d'une grande flaque d'eau qui pourrait servir d'abreuvoir.  Aucun doute possible c'était monsieur Goupil ! Le lendemain, Je suis sur place à 6h30, Nico n'a pas eu le courage de se lever. Les absents ont toujours tort(s) dit l'adage. Il fait froid et il pleut, je marche sur le sentier depuis 5 minutes quand je revois le renard sur ma droite !!! Il est proche de moi à 50 m ! Je suis surexcité, Son pelage est mouillé, Il ne m a pas vu, trop occupé à chasser. Je dégaine l'appareil photo prends une vingtaine de clichés. Je resterais avec lui pendant 15 minutes posant l'appareil photo pour l'admirer avec mes jumelles, je me hâterai(s) de rentrer pour réveiller mon petit frère avec mes clichés fier comme un gosse de 12 ans. Je passerais sans doute l’un des meilleurs étés de ma vie, en sa compagnie. Je me sentais comme le petit prince de saint Exupéry avec son ami renard. On jouait au jeu du chat et de la souris et il se montrait bien plus futé que moi. Je l’ai vu quasiment tous les matins et soirs durant cet inoubliable été 2016. Je dormais tout habillé sur le canapé du salon en tenue de camouflage pour gagner du temps le matin.... Je passais ma vie là bas, dans mon jardin d’éden. Puis un jour tout s‘arrêta brusquementLa chasse venait d’ouvrir, C’était en septembre. A peine arrivé sur l’endroit habituel, je vis un corps inerte dans la prairie. L’estomac noué, les jambes coupées je m’avançais vers cette petite tâche rousse et je me préparais au pire. A 2 mètres de lui je me suis littéralement écroulé, mes jambes ne me portaient plus. J’étais là face à mon renard, à genoux mes larmes perlaient au coin de mes yeux avant de couler à flot

La respiration était difficile . J’ai repensé à tous ces moments, à mon bonheur, à nos rencontres, à ces moments partagés avec mon frère... A notre fascination pour ce magnifique petit gars. Ce jour là, on nous a volé notre plus belle rencontre sauvage, notre jardin secret. Je suis resté de longues minutes à ses cotés, j'ai appelé mon frère pour lui dire que le renard était mortJe ne voulais pas y croire, je ne pouvais pas y croire ... A force de voir le monde avec des yeux d’enfant j’avais oublié la réalité parfois cruelleAlors ce jour là ce magnifique renard est mort mais pas pour rien, parce qu’il a changé ma vie pour toujours et jamais je ne l'ai oublié... En décembre 2016 j’écrirai(s) le film « je suis un nuisible » avec mon frèreQuelques mois plus tard je lâcherai tout pour me consacrer ma vie à la photo animalière dans une lutte effrénée pour un monde plus juste envers nos frères animauxMerci à lui pour cet été dont je me souviendrai toute ma vie. Non le renard n’est pas nuisible seule une façon de voir le monde l’est... Plus de 600 000 renards sont tués chaque année en France sans aucune raison valable, juste pour assouvir le plaisir morbide d'une minorité autoproclamée "1er écologiste de France".

 

Alors...quelle place allons-nous laisser au monde sauvage pour nos enfants ?

 


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